L’illusion des alliances : quand l’amitié devient un calcul

L’amitié entre nations est une idée romantique que les faits démentent sans relâche. L’histoire des alliances occidentales, depuis la guerre froide, repose sur un mythe persistant : celui de la solidarité entre « démocraties ». Mais dans le monde réel, l’alliance est un contrat, non un serment.

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La fin des traités : quand le droit international s’efface devant la stratégie

Pendant près d’un demi-siècle, la stabilité mondiale a tenu sur une fiction utile : celle d’un équilibre fondé sur la peur, encadré par le droit. La dissuasion nucléaire n’était pas seulement une menace, mais une discipline. Chaque traité, chaque sommet, chaque protocole signé entre Washington et Moscou visait à rendre prévisible ce qui, par nature, ne l’était pas : la possibilité d’anéantir la planète.

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Les nerfs de la guerre

La paix mondiale n’est pas une donnée, c’est un équilibre de nerfs. Sous la surface calme des cartes, les puissances avancent leurs pions avec la lenteur d’une marée, et chaque baie, chaque détroit, chaque hauteur peut devenir un détonateur. Si la troisième guerre mondiale devait éclater, elle ne commencerait pas par une bombe — mais par un calcul.

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Les petites mains de l’intelligence artificielle à Madagascar

À Antananarivo, capitale de Madagascar, l’intelligence artificielle n’a rien d’une abstraction futuriste. Elle a un visage, celui de David Rat Thompson, 32 ans, père de trois enfants, qui passe ses journées à servir des sandwichs face à la gare routière et ses soirées à entraîner des algorithmes. Après 16 h, il allume son ordinateur, se connecte à une plateforme étrangère et commence à annoter des images : un singe, une voiture, un parasol. Ce travail de fourmi, payé un euro toutes les trois heures, nourrit les IA de Google, ChatGPT ou Amazon. « Mon travail, c’est d’identifier tout ce qui est sur chaque image », résume-t-il calmement.

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Rima Hassan, trois heures à contre-courant

Rima Hassan s’installe, et le débit est rapide. Trois heures d’entretien condensées en une seule voix qui refuse la caricature et tente de remettre un peu de droit et de mémoire dans un débat saturé de slogans. Le contexte, d’abord. Depuis le 7 octobre, le monde politique semble happé par une succession de drames et de polémiques qui tournent en boucle. Mais derrière les plateaux télé et les discours officiels, il y a les décisions des tribunaux, les votes à l’ONU, les gestes diplomatiques qui s’accumulent. C’est ce terrain qu’elle connaît, celui des chiffres, des dates, des résolutions, et qu’elle déplie sans relâche.

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Alaska : le face-à-face Trump–Poutine qui pourrait redessiner la carte de l’Ukraine

Le 15 août, l’Alaska a servi de théâtre à un sommet inédit entre Donald Trump et Vladimir Poutine, marquant leur premier tête-à-tête depuis juin 2019. L’objectif affiché : tenter de trouver une issue à la guerre en Ukraine. Le choix du lieu n’est pas anodin. Ancien territoire russe vendu aux États-Unis en 1867, l’Alaska possède une valeur symbolique forte pour Moscou, et sa proximité géographique — séparée de la Russie par le détroit de Béring — permet au président russe de s’y rendre sans transiter par des espaces aériens hostiles. Ce détail est crucial puisque Poutine est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale, que les États-Unis ne reconnaissent pas.

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L’Allemagne, au carrefour de l’Histoire et de la géopolitique moderne

Au cœur de l’Eurasie, sur une plaine immense et sans barrières naturelles, l’Allemagne occupe une position aussi stratégique que vulnérable. Ce simple fait géographique a façonné des siècles de conflits et d’ambitions industrielles. Dans cette lecture géostratégique dense, on comprend que l’Allemagne est bien plus qu’un pays européen : c’est une clé de voûte du système économique, politique et sécuritaire du continent.

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Les intérêts supérieurs de la nation : comprendre la géopolitique à travers les priorités immuables des États

En géopolitique, certaines priorités dépassent les gouvernements, les idéologies et même les générations. Ce sont les intérêts supérieurs de la nation : ces lignes rouges que tout État s’engage à défendre, quels que soient les dirigeants au pouvoir, quitte à recourir à la force militaire. Les comprendre permet de décoder bien des décisions stratégiques et d’anticiper des tensions futures. L’examen de quelques puissances majeures – la Chine, la Turquie, la Russie et Israël – offre un panorama éclairant de ce concept.

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Pourquoi la Corée du Nord existe encore : une pièce maîtresse dans le théâtre géopolitique mondial

Dans un nouvel épisode de Chaque jour sur Terre, Benjamin Tremblay s’attaque à une question que peu osent formuler aussi frontalement : pourquoi la Corée du Nord existe-t-elle encore ? Alors que des régimes jugés hostiles par l’Occident, comme ceux de l’Irak ou de la Libye, ont été balayés, Pyongyang continue d’exister, de lancer des missiles, et de défier les règles internationales. À travers une brillante analyse géostratégique appuyée sur des cartes, Tremblay démontre que la survie du régime nord-coréen tient moins à sa force qu’à son utilité pour les grandes puissances.

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Jackson Wijaya prend le contrôle d’Asia Pulp and Paper : vers un géant mondial du papier enraciné au Canada

Un tournant majeur s’opère dans l’industrie mondiale du papier. Jackson Wijaya, homme d’affaires indonésien et propriétaire de Paper Excellence, vient de prendre le contrôle d’Asia Pulp and Paper (APP) — une entreprise sino-indonésienne de premier plan. Cette acquisition, effectuée auprès de son propre père, propulse Wijaya à la tête d’un conglomérat gigantesque dans le domaine de la pâte et du papier, avec des ramifications profondes au Canada.

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Trump 2025 : la trahison d’une base

Il avait promis la fin de l’empire. Il avait promis la vérité. Il avait promis l’assèchement du marécage. Pour des millions d’Américains – et bien des observateurs à l’étranger – Donald Trump incarnait une rupture avec le bellicisme néoconservateur, la corruption de Washington, les manipulations médiatiques et les mensonges technocratiques. En 2016, puis plus encore à l’aube de son second mandat en 2025, Trump s'était positionné en figure du retour aux intérêts nationaux, à la transparence, à la souveraineté, à l’économie réelle. Aujourd’hui, cette base a des raisons de se sentir trahie.

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